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31.01.2008

#20

A l'instant où j'écris la note précédente, ma mère m'appelle.

Je tente de lui expliquer que j'avais besoin de voir mon psy, que je suis déçue et énervée qu'il me plante ainsi. Tout ce qu'elle trouvera à répondre est "bon ben puisque tu ne veux pas me dire pourquoi tu vas mal, je crois qu'il vaut mieux en rester là, à demain"

J'aurais tellement aimé qu'elle prenne suffisamment de recul sur elle même pour se rendre compte qu'au lieu de m'aider quand je vais mal, elle m'enfonce encore un peu plus. Je ne la changerai pas, je dois juste apprendre à encaisser, à ne plus être blessée par ça....

J'appréhende ce week end, surtout quand elle me dit "on ira faire les soldes", je sais bien que si elle m'offre une robe, ça sera dans l'attente de confidences sur mon actuel mal être, comme si elle avait besoin de me payer pour assouvir sa curiosité, pour se donner une occasion de m'enfoncer un peu plus.

Vivement dimanche, non en fait, vivement rien, vivement le vide..... 

Mais grâce à elle, les larmes ont enfin envie de couler.... 

#19

Mon psy semble m'avoir oubliée, il ne me rappelle pas pour me fixer un nouveau rendez vous.

Je tente de gérer, entre alcool et médicaments, je ne pleure pas aujourd'hui.

J'avale un anxiolytique avant d'aller déposer ma lettre chez A., lettre accompagnée de son dvd préféré en miettes, lui aussi m'a oubliée. Que pouvais-je attendre de plus?

J'aurais aimé le faire réfléchir, le faire réagir subtilement, on me dit souvent que je touche plus par les mots que par les paroles, raté cette fois ci.

Je nage en eaux troubles, me surprenant de ne pas m'effondrer totalement mais étant consciente que mes dépendances m'aident.

Demain, je ferai mon sac pour aller chez mes parents, il ne faut aucunement que j'oublie mes médicaments, je boirai sans plaisir le vin dégueulasse de mon père, je m'en fiche, peut être arriverai-je à trouver une quelconque ivresse.

Je sais déja que le retour dimanche sera marqué par le manque et l'angoisse. Je m'habitue à restée cloîtrée chez moi, j'ai peur de retourner au travail lundi, d'affronter les questions.

Je crois que peu à peu je me coupe de toute sociabilité.

Je suis presque ravie de ne pas recevoir de coup de fil ce soir, ravie que l'on m'oublie, que l'on me laisse dépérir seule à petit feu.... 

30.01.2008

#18

Boire jusqu'à la gerbe.....

Ma seule sortie de la journée sera chez mon épicier qui s'enrichit de ma chute, au moins qu'elle profite à quelqu'un...

Les appels, les sms et les mails s'accumulent.

Mes connaissances récentes sont surprises de me voir dans cet état, les plus anciennes sont blasées.

Mon psy annule notre rendez vous de ce soir, j'avais tellement besoin de le voir que cette annonce provoque une nouvelle crise de larmes.

Ma lettre est écrite, de mon écriture de petite fille, écriture torturée comme dirait ma mère qui a le sens du compliment.

Je flotte dans un brouillard enfumé et alcoolisé. Je me plais tellement dans cette inertie que je me demande si je parviendrai à reprendre le travail lundi. L'ennui est tellement vite absorbé par l'ivresse.

Je tombe, la chute est lente et, pour le moment, indolore, je n'ai aucune envie de m'en priver.

#17

Mon corps s'habitue tellement à l'alcool que je ne ressens quasiment plus les effets de la gueule de bois.

Insomnie toujours, quelques cachets avalés au hasard dans le noir me permettent de somnoler un peu.

Je ne sais pas si j'arrive à faire illusion quand mes amis m'appellent, je ne sais pas s'ils se rendent compte que la fille avec qui ils sont en train de discuter en est à sa deuxième bouteille.

Je suis face à un choix, est ce que je dois aller déposer cette lettre et le dvd que j'ai pulvérisé dans sa boite aux lettres?

Je ne sais plus prendre de décisions, je regarde les journées s'écouler dans le silence, mon appartement est un champ de bataille sale et bordélique, je m'en fiche, je reste assise pendant des heures et des heures devant cet ordinateur, me coupant chaque jour un peu plus du monde réel.....

29.01.2008

#16

Arrêt maladie pour 5 jours.

5 jours où je serai seule chez moi à pleurer et probablement à boire. Je ne suis pas sûre que cela me fasse vraiment du bien. Mais de toute façon, qu'est ce qui peut encore me faire du bien?

Tout me revient par flash, son sourire, sa tendresse, ses caresses, ses baisers.

Je n'ai jamais su renoncer et il me l'impose.

C'est con une rupture, à partir du moment où l'un des deux a pris la décision, l'autre ne peut rien faire, ne peut pas argumenter, doit juste souffrir seul....

Mon médecin m'a dit de ne pas faire de connerie avec les médicaments qu'il m'a prescrit, je lui ai répondu que malheureusement je n'en avais pas le courage.

Alors je vais subir encore et encore cette pute de vie, combien de temps on peut endurer ça? à partir de quel moment ça devient trop insupportable pour continuer?

#15

Impossible d'aller au travail aujourd'hui.

Evidemment il y a l'alcool d'hier.

Et puis mes larmes, surtout..... 

28.01.2008

#14

Finir les fonds de bouteilles de vendredi soir et espérer très fort que mon meilleur ami passera ce soir.

Des traînées de mascara le long de mes joues, des sanglots que je ne cherche même pas à étouffer.

Nous ne sommes pas un couple et nous ne le serons jamais.

Une page de plus à tourner.

Je n'y arrive plus...... 

27.01.2008

#13

Je suis tout simplement épuisée. 4 jours d'excès me clouent au lit ce soir, les yeux cernés, la bouche pâteuse, des courbatures dans tout le corps.

Soirée au pays des riches hier soir, je suis odieuse avec certains, je sympathise le temps de quelques verres avec d'autres. Un décalage énorme se fait sentir entre eux, ces gens qui ont mon âge et qui exhibent leurs gamins et moi, qui n'a pour unique préoccupation que la quantité d'alcool que je vais pouvoir ingurgiter. Je finirai mon lit aux côtés d'un ami qui tente un énième fois de me baiser. Bien évidemment, il n'y arrivera pas....

La fatigue me permet de ne pas trop angoisser. Demain, j'enverrai un message à A. pour lui proposer un resto. Sa réponse me confirmera si je dois effectivement nous considérer en couple ou pas.....

 

25.01.2008

#12

Je n'ai absolument aucune volonté. Je ne sais pas dire non à ma collègue qui me propose d'aller prendre un verre hier soir, je réponds juste "ok mais pas longtemps car j'ai plein de trucs à faire", je ferai la fermeture du bar, tellement ivre que je rate la correspondance de métro. Je rentre donc en taxi, déblatérant une fois de plus les mêmes conneries au chauffeur.

Comme d'habitude, je ne me souviens plus vraiment de la soirée, j'ai probablement été très lourde avec le barman, je me suis pris la tête avec mon ex par sms et j'ai raconté n'importe quoi aux 3 filles qui étaient au bar.

Je suis pitoyable.... je n'ai aucune dignité....

Et ce soir, je dois organiser un repas, et demain, je serai à une soirée entourée d'avocats et de politiciens..... il faudrait pourtant que je me repose un peu....

23.01.2008

#11

Boire ce soir. Après deux jours sans alcool... J'aurais peut être pu tenir 3 jours, je ne sais pas... Je calcule comme toujours, comme dans tout ce que je fais. Je reçois vendredi, il faut donc que je sois sobre jeudi pour préparer l'appartement. Je ne sais pas si j'aurais réussi à tenir 4 jours alors j'anticipe...

Recevoir me stresse. Il faut que tout soit impeccable pour les gens qui entrent chez moi. Je ne reçois quasiment plus. Seul A. sonne encore à  ma porte de temps en temps. Et même pour lui qui est la personne la plus bordélique que je connaisse, il faut que je range. Quand il est venu dimanche, j'avais oublié de cacher la bouteille vide, erreur que je ne me pardonne pas.

Je ne suis pas maniaque, je ne souffre pas de TOC, c'est juste une histoire d'apparence, de faire comme si tout va bien. Un traumatisme aussi peut être, la voix de ma mère après mon dernier déménagement: "sur toi, tu es très propre mais tu vis dans le sale, ta tante a dit qu'elle avait déménagé de la poussière". Elle sait y faire ma mère, elle savait très bien qu'en incluant ma tante que j'adore dans ses reproches elle allait me toucher. Elle a tout gagné, puisque désormais je refuse de la recevoir quand j'estime que mon appartement n'est pas assez "propre" pour elle. Cette même mère chez qui la douche est jonchée de poils, chez qui les escaliers sont envahis par la poussière, qui a embauché une femme de ménage le jour où elle s'est rendue compte qu'elle n'arrivait pas à tout faire. Faites ce que je dis....

Cette même mère qui astique, récure de fond en comble les appartements que l'on rend, parce qu'"il ne faudrait pas que les suivants pensent qu'on est sale". Ne cherchez pas d'où vient mon besoin de l'apparence. On peut vivre dans la crasse mais il ne faut surtout pas que ça se sache......

Besoin d'évacuer ce soir, comme souvent.... Mon boulot sous payé me fatigue mais chercher autre chose me fatigue plus encore. Période de ras le bol, j'hésite à acheter des vitamines ce soir, et puis, je me dis que c'est l'alcool que me rend si faible, que si je veux aller mieux, il me suffit d'arrêter. J'accepte alors la fatigue....

Je pose des questions sur des forum "couple" pour tenter de décrypter A, je ne prends que ce qui m'intéresse dans les réponses. Son silence me fait mal, l'alcool anesthésie la douleur. Le Xanax et le Stilnox dans quelques heures m'achèveront encore plus... et demain, A. ne sera toujours pas là.....

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