30.09.2008

#54

Depuis exactement un mois et demi pas une seule journée ne s'est passée sans que je boive.

Et le plus ironique c'est que hier, pliée en deux par les brûlures d'estomac, j'avais décidé de rester sobre et c'est ce soir là qu'a choisi mon meilleur ami pour s'inviter chez moi et accessoirement boire quasiment deux bouteilles de vodka ensemble.

Je ne me souviens de rien, sauf que j'ai du tomber plusieurs fois vus les bleus, les douleurs et les griffures qui parcourent mon corps.

Et malgré tout, ce soir mon fidèle verre de vin est à mes côtés.... et le sera probablement encore demain....

26.09.2008

#53

14h15 et déja presque saoule, encore un verre ou deux et ça sera bon....

Tout ça parce qu'une intuition me dit que je dois faire cette chose maintenant, sinon il sera trop tard, et je ne peux faire cette chose sans avoir quelques grammes d'alcool dans le sang, faible que je suis, toujours trouver un prétexte....

Mon psy hier me dit que j'ai l'air d'avoir perdu 10kg, j'ai sais rien, j'ai pas de balance et j'en veux pas, je sais juste que mes soutiens gorges sont devenus trop grands et que je n'ai plus de fesses.

A quoi bon de toute façon? plaire encore à un connard dans un bar qui ne voudra que me sauter et qui comme J. dira "j'ai l'impression d'être avec un mannequin"?

Les hallucinations la nuit reprennent, convaincue que mes téléphones sonnent, que je reçois un sms, que l'on sonne à ma porte....

Et si je devenais folle pour de bon?

23.09.2008

#52

Je sors de mon cocon pour rentrer un peu dans la vie sociale, samedi, quelqu'un qui ne sait pas quoi me dire me dit "tu as bonne mine", les autres me demandent si je ne suis pas trop fatiguée et si je m'en sors.

Ce soir, une personne plus franche me dira "tu deviens laide, tu étais si belle, ne te laisse pas te dégrader à ce point pour une ordure". Cette même personne qui m'aime me fera découvrir Ladurée et son club saumon à 20€ et me fait déambuler dans Saint Germain des Près.

Cette personne ne saura jamais qu'à peine rentrée chez moi, l'alcool coulera à flot dans mes veines.

Je crois que je fume tellement que l'angine va redevenir mon amie......

18.09.2008

#51

Encore un peu de répis dans mon cocon, arrêt prolongé jusqu'au 9.

Le psychiatre que je vais maintenant voir me parle d'hospitalisation, je refuse pour le moment.

Mes journées se ressemblent dans leur total inintérêt. Ma Freebox ne fonctionne plus pour la télé, je ne reçois que TF1, je m'endors donc devant les Feux de l'amour et je commence à boire à l'heure de la Roue de la Fortune pour tenter d'ignorer la médiocrité de ce monde qui est le mien.

Je suis déjà un peu saoule quand Laurence Ferrarri évoque les nouvelles de ma triste planète et je m'entête à gagner au Majong ou à la Dame de Pique quand les Experts, Esprits Criminels ou je ne sais quoi se noient dans mon taux d'alcoolémie bien trop élevé.

J'avale ensuite consciensement ces cachets qui me feront plonger dans un sommeil tantôt lourd, tantôt bercé de rêves stupides ou d'hallucinations (deux fois je me suis levée en panique au beau milieu de la nuit croyant qu'on sonnait à ma porte), parfois je me réveille en me demandant quel moment de la journée il peut être et dans quelle chambre je me trouve.

Et le pire c'est que je voudrais que ça dure......

10.09.2008

#50

Mes vieux démons me reprennent, cette fois ci ils ont la forme d'un mec en couple dont j'ai été la maitresse durant trop de temps.

Il me relance et me relance, m'ajoute à ses contacts msn alors que ça fait plus d'un an que l'on se connait, me dit que même avec 5kg de moins je resterai toujours très belle, qu'il est prêt à venir me cajoler.

Le sexe avec lui a toujours été automatique, toujours après le même nombre de verres de vodka, toujours commençant par m'embrasser sur le canapé, toujours me glissant "on passe dans ta chambre", toujours une fellation avant d'enfiler la capote, toujours les mêmes positions.

Le sexe avec J. a été le meilleur que je n'ai jamais connu, comme si nos deux corps savaient deviner les fantasmes de l'autre, comme une envie d'expérience de plus en plus poussée du plaisir.

C'est sans doute ce qui m'a fait le plus mal en le perdant, c'est de me dire que plus jamais je ne connaitrai cette parfaite harmonie.

Alors que répondre à cet amant face à qui je ferai semblant de prendre du bon temps alors que mes yeux à défaut de briller de plaisir retiendront les larmes d'une osmose définitivement perdue?

08.09.2008

#49

J'ai beaucoup trop dormi aujourd'hui, la soirée s'annonce longue et évidemment trop alcoolisée.

La reprise du travail n'étant prévue que le 19, quelques unes de mes angoisses ont disparu. Ma chef m'envoie un mail pour me demander si ma maladie n'est pas trop grave, je ne sais que lui répondre.....

Les médicaments, l'alcool ou la lassitude commencent à atténuer les larmes face à son silence.

Bien évidemment, je continuerai à le harceler en douceur jusqu'à ce que je n'ai pas récupèré ce que j'ai "oublié" chez lui. Au pire, j'ai encore le double de ses clés, je souhaiterais ne pas avoir à arriver là.....

Je commence à connaitre les programmes télé par coeur et de préférence les plus sofforifiques......

07.09.2008

#48

Tout s'est passé quasiment conformément à mes pires craintes.

Sauf que mon arrêt maladie est prolongé et que dès demain et pendant encore 10 jours, je resterai dans mon cocon alcoolisé à passer mes seuls moments de réveil à boire. J'aime mon médecin en fait je crois.

Mes nombreuses siestes ont été entrecoupées d'obligations familiales mais on me fout la paix, j'ai quand même réussi à me prendre une semi cuite grâce à mon cousin samedi soir et une autre grâce à mon grand père ce midi, tout cela en évoquant mon oncle mort d'avoir trop bu, s'ils savaient......

Mes langoustines et mes aiguillettes de boeuf me resteront un moment sur l'estomac tout comme son silence......

04.09.2008

#47

Dans quelques jours, ma paranthèse va se clore, dans quelques jours, la routine reprendra le dessus, le réveil sonnera, j'irai rejoindre mes petits collègues de travail qui me saouleront avec les ragots de ces cinq dernières semaines et je compterai les heures avant de rejoindre le noir de mon appartement et mes verres de vin.

La routine a déja un peu repris, les habituelles questions du buraliste ou de l'épicier "alors c'était bien vos vacances?", les habituelles réponses "oui très bien, trop court comme d'habitude" alors que j'ai envie de leur cracher à la gueule "oui fabuleux, vous avez vu ma gueule, j'ai l'être d'être heureuse? le mec qui disait m'aimer m'a balancée parce qu'il a rencontré quelqu'un d'autre et il m'a annoncé ça par téléphone la veille de mon retour, ça fait rêver non?"

Ce week end sera probablement l'épreuve la plus difficile, je n'ai quasiment rien avalé depuis ce fameux 14 août et j'ai la joie d'aller fêter le 60ème anniversaire de mariage de mes grands parents dans un restaurant gastronomique, j'angoisse déja à l'idée de toute cette bouffe qui va passer devant moi, aux questions de ma grand mère "ben alors, t'as une petite mine, tu manges pas? t'aimes pas l'endroit?", à nouveau je compterai les heures qu'il me reste avant de pouvoir retrouver la solitude et l'alcool de mon appartement.

Je regarderai mes mails en espérant qu'il me dise qu'il s'est trompé, que je lui manque et qu'il me supplie de le pardonner. Ma boite de réception sera vide et je trouverai un autre prétexte que celui de la reprise du boulot pour boire jusqu'à en être malade....

Voilà mes projets.....

02.09.2008

#46

Je n'aurais jamais pensé qu'un corps aussi frêle que le mien puisse endurer autant.

Je n'aurais jamais pensé que l'auto destruction puisse durer aussi longtemps. Je pensais naïvement en lisant les notices des nombreux cachets que je prends que lorsque "consommation d'alcool fortement déconseillée" était inscit cela voulait dire que le coeur pouvait s'arrêter de battre en pleine nuit,  qu'un coma pouvait survenir n'importe quand mais non....... je suis toujours là avec cette salope de souffrance qui me bouffe, avec ce verre d'alcool quelqu'il soit à la main, avec mes deux paquets de cigarettes par jour.

Il y a quelques années, je sais que je serais depuis longtemps dans un hôpital avec perfusions et charbon à boire, je sais aujourd'hui que ce jeu ne sert à rien, on le fait à fond ou on le fait pas. Le faire à moitié n'engendre que la pitié, je n'ai pas besoin de ça.....

 

#45

3h45, il est presque 16h00, que je me shoote à la vodka. Le pire est probablement de me rendre compte que je reste lucide et parviens à tenir une conversation tout à fait sérieuse avec ma mère.

A chaque verre terminé, je me dis "bon allez je vais dormir un peu", à chaque verre terminé, je me dis "allez une petite dernière".

Je mens à tout le monde pour refuser les invitations, je refuse tout contact social, seuls mon psy et mon médecin auront été les personnes que j'aurai vues durant 3 semaines, l'un pour me regarder pleurer, l'autre pour m'engueuler. Celui qui m'engueule me file les médicaments dont j'ai besoin, celui qui me regarde pleurer prend des nouvelles de moi tous les soirs par textos.....

Je ne sais plus quoi faire, j'ai l'impression que ce monde s'effondre autour de moi et je reste seule sur un rocher à regarder la vie de loin.... à la rêver peut être.....

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